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La Curieuse Soirée : un live inoubliable

  • Photo du rédacteur: lesalfredines
    lesalfredines
  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture

Le 16 février dernier, sur la chaîne de la super Little Big Whale, Twitch accueillait un événement d’un genre nouveau : six heures de concert en direct, avec orchestre symphonique, mécaniques de jeu interactives, invités prestigieux et un public numérique plus que jamais engagé. Un projet hybride, déroutant, ambitieux, porté par l’Orchestre Curieux et son capitaine passionné, Daniel Sicard, entouré d’un équipage technique et artistique inventif.


Dès les premières esquisses, nous, les graphistes du studio graphique Les Alfredines, avons été embarquées dans l’aventure. Notre mission : concevoir une identité visuelle forte, onirique, mouvante, capable d’accompagner l’ampleur du dispositif sans jamais l’alourdir. Logo principal (décliné de notre création faite pour l'orchestre il y a quelques années), affiches, logos des jeux, overlays, éléments du décor, visuels pour les réseaux sociaux, éléments de stream… Le moindre détail devait parler le même langage : celui du rêve éveillé et de la curiosité joyeuse.


Miniature La Curieuse Soirée
Miniature du replay Youtube

Mais derrière les images et les harmonies, il y a des humains. Des choix, des sueurs froides, des prises de risques. Et beaucoup, beaucoup d’amour du travail bien fait. Nous avons posé nos questions à Daniel Sicard, chef d’orchestre et directeur artistique du projet, Robin Deriaud, développeur et artisan de l’ombre, pour revenir avec eux sur les coulisses de cette performance inédite.


Introduction du logo La Curieuse Soirée, animé par Noémie Joole

Créer un cap pour la Curieuse Soirée, donner du souffle

Avant de parler de partition, il faut parler de vision. Daniel voit son rôle de chef d’orchestre comme celui d’un guide : il ne s’agit pas seulement de battre la mesure, mais de maintenir une cohésion humaine et artistique au sein d’un collectif complexe.

« La direction artistique, c’est créer du lien. C’est permettre à chacun de s’exprimer et de se sentir valorisé. C’est ce qui donne au projet sa cohérence et sa puissance. »

Ce rôle de "capitaine de navire", il le revendique. Et la métaphore maritime revient dans ses réponses, peut-être parce que l’Orchestre Curieux, plus qu’un simple ensemble musical, fonctionne comme un véritable équipage soudé.

« On se connaît bien. On sait qu’on peut compter les uns sur les autres. Ça crée une base solide pour oser sortir des sentiers battus. »

Sortir des sentiers, c’est peu dire. Ce concert diffusé en direct sur Twitch mélangeait interprétation orchestrale, séquences interactives où les viewers pouvaient influencer le déroulé, interventions d’artistes invité·e·s… le tout dans un flux ininterrompu de six heures.


Le défi ? Tenir la barre, justement. Ne rien oublier, malgré l’adrénaline, malgré la fatigue. Et surtout, être présent à l’instant décisif : ce moment du décompte où tout commence, et où tout peut encore basculer.

« C’est là que le rêve devient réel. Que les neuf mois de travail se matérialisent. On accoste enfin, et on découvre si c’est bien l’île qu’on avait promise. »




Dans les entrailles de la machine

Pendant que Daniel donnait le ton côté artistique, Robin s’occupait de l’infrastructure technique. Un poste à haut risque : concevoir un logiciel unique capable de piloter à la fois l’habillage visuel, les mécaniques de jeu, les animations de dons, les interfaces karaoké, le tout en temps réel, synchronisé entre le plateau physique et le flux numérique Twitch.

« Aucun outil existant ne permettait ce qu’on voulait faire. Il fallait inventer. »

Résultat : des semaines passées à coder, tester, recoder. Un logiciel maison, entièrement développé pour l’occasion, centralisant l’ensemble de la régie interactive. Une prouesse… mais aussi une bombe à retardement potentielle.

« Le plus gros stress, c’était juste avant le live. J’ai découvert un bug qui aurait fait crasher le flux toutes les 5 minutes. Il a fallu recompiler le logiciel en urgence, à quelques minutes du décompte. »

Et pourtant, pendant presque six heures, rien ne bouge. Tout est fluide. Jusqu’à la cinquième heure, où le logiciel finit par planter… brièvement.

« On a perdu l’habillage pendant quatre minutes. Mais comme les flux étaient séparés, personne ne l’a vraiment remarqué. Et comme tout était hébergé en ligne, on a pu relancer sans perte de données. »

Une victoire discrète mais déterminante : celle d’une anticipation millimétrée, et d’un système pensé non pas comme un one-shot, mais comme un socle réutilisable et pérenne.



Un univers immersif, vivant et généreux

Si le cœur du spectacle était musical, l’événement tout entier vibrait d’une générosité visuelle exceptionnelle. L’univers graphique, que nous avons construit avec l’équipe, devait accompagner cette alchimie subtile entre le concert, le jeu, la magie, l’étrangeté.

« Le visuel devait soutenir sans dominer. Il fallait qu’il s’intègre à la narration comme une évidence. »

La coordination avec les autres pôles a été essentielle. L’ingénierie sonore, menée par Aurélien Bourgois, a donné au live une qualité quasi cinématographique. La réalisation vidéo, confiée à Julien Hanck, multipliait les angles de caméra pour restituer la richesse de l’orchestre sans jamais perdre le rythme. Chaque micro, chaque lumière, chaque câble était placé avec soin pour préserver l’illusion. Un projet de cette ampleur ne peut évidemment pas exister sans une équipe pluridisciplinaire soudée et engagée, présente à toutes les étapes de la création et de la réalisation. Derrière les caméras : une régie technique complète, des cadreur·euses, des réalisateur·ices, une équipe son de haut niveau, mais aussi une direction de production qui a veillé à chaque détail logistique. En amont, des décorateur·ice·s, une motion designer, des graphistes, des assistant·e·s techniques, et bien sûr les musiciens et musiciennes de l'Orchestre Curieux. Chacune de ces personnes a apporté sa pierre à l’édifice, avec talent et dévouement. C’est cette synergie de savoir-faire, artistiques, techniques, humains, qui a permis au projet d’atteindre une telle cohérence et une telle intensité.


C’est cette exigence collective, cette fluidité dans les échanges, qui a permis au projet de franchir un cap rarement atteint dans l’univers du live musical numérique.



Et après ?

L’enthousiasme des spectateurs ne s’est pas fait attendre. En direct, le chat Twitch vibrait de commentaires émerveillés. En replay, sur YouTube, l’émotion reste palpable.

« Quand j’ai un coup de blues, je relis les messages. Ça redonne foi en ce qu’on fait. »

Pour Daniel comme pour Robin, l’envie de recommencer est là. Des projets sont en gestation, même si la plupart restent encore secrets. Côté technique, l’après est déjà lancé :

« On est en train de re-développer entièrement le logiciel d’habillage pour le rendre plus versatile. »

Mais surtout, ce projet a été l’occasion rare d’exercer sa créativité sans contrainte. Daniel a su créer un espace de liberté où chacun a pu aller au bout de ses idées, aussi folles soient-elles. Et ça, dans le monde du spectacle, ce n’est pas monnaie courante.

« On ne va pas se mentir : c’est précieux. »



Derniers mots avant de lever l’ancre

Quand on leur demande s’ils ont un souvenir marquant ou une anecdote, les réponses sont teintées d’humour et d’humilité :

« J’ai à peine vu ZeratoR. Je n’ai pas vu PV Nova du tout. C’est vous dire dans quel tunnel j’étais. »

Mais ce tunnel a été traversé. Ensemble.


230 000 spectateur·ices

et 50 000€ récoltés

pour l'association Canopée


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Une expérience hors norme, portée par une ambition artistique, technique et humaine rare. À toutes celles et ceux qui ont suivi, commenté, partagé, participé : merci. Et pour les autres, la rediffusion est encore disponible !

Merci à Tibaut Chouara pour les photos !

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